Association des Amis d'EL ALA de Rabat Salé



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Cette page comporte :

1) Une "matrice" de la musique andalouse conformément aux programmes organisés par notre association depuis 2005.

2) Un ensemble d'études et d'articles sur la musique andalouse.

avant de voir la matrice de la musique andalouse et quelques études consacrées à cet art, je vous présente un poème élaboré par notre ami l'artiste Ahmed Soussi Tanani lors de la croisière organisée par notre association du 22 au 29 septembre 2012 à bord du paquebot "DIVINA".



A ce propos, et pour enrichir votre site, vous êtes remerciés de partager avec nous tous les textes qui concernent, directement ou indirectement, la musique andalouse.

 
1) La "matrice" de la muique andalouse conformément aux programmes organisés par notre association.

En complément à l'historique des soirées musicales détaillé dans la page ''Activités'' et pour un meilleur suivi de nos activités, dont notamment, les soirées musicales, nous avons élaborés une matrice représentant les onze ''NOUBAT'' et les 5 ''MIZAN'' qui composent la musique andalouse.



برامج السهرات حسب النوبات والميازين

قدام

درج

بطايحي

قائم ونصف

بسيط

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محمد أبريول

06/03/2010

 محمد أمين الدبي
والمهدي الشعشوع على البيانو

09/02/2013

محمد  أبريول

15/09/2007

 

 

 

جمال الدين بنعلال

13/09/2008

محمد العثماني

21/08/2010

محمد  أبريول

النوبة الأولي:

رمل الماية

أحمد الزيتوني

31/03/2007

أنس العطار

09/02/2008

أنس العطار

09/02/2008

محمد أبريول

05/07/2013
 

جوق روافد طنجة

21/04/2013

محمد  أبريول

15/09/2007

 

 

النوبة الثانية: الاصبيهان

 

 

 

أحمد الزيتوني

23/10/2010

أمين الدبي

16/06/2012

 

 

 

 

 

 

النوبة الثالثة:  الماية

 

أنس العطار

22 أبريل 2006

محمد  أبريول

 2011  مارس  26

 ميزان مفقود

أمين الأكرامي

30  شتنبر2006

 

الحاج محمد الزاكي

31 يناير2099

أمين الدبي

11/04/2008

محمد العروسي

06/08/2009

فهد بنكيران

26/10/2013

 

النوبة الرابعة:  رصد الذيل

 

 محمد أمين الدبي
والمهدي الشعشوع على البيانو

02 فبراير 2013 

 

 

جمال الدين بن علال 13 شتنبر 2008

أمين الاكرامي

21 يونيو2008

المهدي الشعشوع

14/12/2013

محمد  أبريول

ابريل 2009 11

 

النوبة الخامسة: الاستهلال

 

أمين الدبي

 17 دجنبر 2005

الحاج محمد الزاكي

31 يناير2009

 

 

 أحمد الزيتوني

 10 يونيو 2006

المهدي الشعشوع

يونيو2010 26

 

ميزان مفقود

أنس العطار

09  فبراير 2008

  محمد  أبريول

30 مارس 2012

 

النوبة السادسة: الرصد

 

أحمد الزيتوني

10 يونيو 2006

 

محمد العروسي

13يونيو 2009

أمين الدبي

29 غشت 2009

 

أنس العطار

2012يناير 28

محمد العروسي

08 دجنبر 2007

 

النوبة السابعة:

غريبة  الحسين

 

محمد أبريول

11 ابريل 2009

أمين الاكرامي

 11 أكتوبر2011

أمين الدبي

 29 غشت2009

 

المهدي الشعشوع

29 نوفمبر2008

 

 

أمين  الدبي

11 ابريل 2008

 

 

 

 

النوبة الثامنة:   الحجاز الكبير

أمين الاكرامي

 21 يونيو 2008

المهدي الشعشوع

2010 دجنبر18

 

المهدي الشعشوع  11فبراير2006

 

 

 

 ميزان مفقود

محمد العروسي

13 يونيو2009

 

 

النوبة التاسعة:  الحجاز المشرقي

 جوق روافد طنجة

21/04/2013

أمين الدبي

05  ماي 2007

 

 

 

أمين الدبي

05  ماي 2007

المهدي الشعشوع

29 نوفمبر 2008

أنس العطار

10 نوفمبر2012  

 

محمد أبريول

05/07/2013

 

النوبة العاشرة:

عراق العجم

المهدي الشعشوع

   10 فبراير 2007

 محمد أمين الدبي
والمهدي الشعشوع على البيانو

02 فبراير 2013

 

محمد العروسي

08 دجنبر 2007

المهدي الشعشوع

2010 دحنبر18

عمر المتيوي

12 دحنبر2009

المهدي الشعشوع

 14/12/2013

 

النوبة الحادية عشرة:

 العشاق

 

محمد أبريول 09 دجنبر 06 -- المهدي الشعشوع 26 يونيو 2010  --  

 

قدام بواكر الماية

 

محمد أمين الدبي 16 يونيو 2012 --

التواشي السبع

 


2) Etudes et Articles

Nous vous présentons en tout premier lieu, les variantes de "l'Arbre des Genres" de la musique andalouse telles que rapportées par le Pr Abdelalziz BENABDEJLIL dans son ouvrage édité en 2011 et consacré au Cheick  Brahim TADILI. A cet égard, nous présentons nos vives félicitation à l'auteur pour l'excellence de la recherche et la perspicacité de l'analyse.

 أغاني السقا ومغاني الموسيقا أو الارتقا الى علوم الموسيقا

أولا - شجرة أصل الطبوع     -صفحة 190-





ثانيا - شجرة الطبوع من مخطوطة المكتبة الوطنية  -صفحة 87-






ثالثا - شجرة الطبوع من مخطوطة ورثة الرغاي  -صفحة 162-





Introduction à Noubat Rasd Dayl.
(1ière partie du texte original daté de 1979. A compléter dès réception de la version numérique)

Par Younès CHAMI
Membre de l'Académie Arabe de Musique
    Rares sont les pays du monde qui possèdent un patrimoine musical aussi riche et ancien que celui du Maroc. Connu autrefois sous le nom de “moussiqua al-âla,” musique instrumentalesans doute pour la différencier de la musique vocale, à caractère religieux, où l'emploi d'instruments de musique est banni, à l'exception de ceux qui servent à accuser le rythmece patrimoine est aujourd\'hui communément appelé “at-Tarab al-Andaloussi,” littéralement: enchantement provoqué par la musique andalouse, ou plus simplement “al-Moussiqua al-Andaloussia,” la musique andalouse.
Cette musique est l'un des vestiges les plus attrayants et pourtant le moins connusurtout en Occidentd\'une civilisation très raffinée, la civilisation hispano-maghrébine, née de la fusion des cultures marocaine et andalouse et dont le Maroc est devenu, par la suite, l\'héritier fondamental.

En effet, par sa position géographique, le Maroc a été, plus que les autres pays du Maghreb, en relation étroite avec l\'Espagne, tout au long des huit siècles de son histoire musulmane. Les deux pays ont même été unifiés durant une assez longue période, sous le règne des Almoravides, des Almohades et des Mérinides. À ces facteurs qui ont largement contribué à la fusion des cultures marocaine et andalouse, il faut ajouter le rôle, non moins considérable, joué par les réfugiés andalous, qui, par vagues successives, déferlaient sur le Maroc, au fur et à mesure que s\'étendaient les conquêtes chrétiennes. Cet exode a atteint son point culminant après la chute de Grenade en 1492: la plupart de ceux qui ont été expulsés de l\'Espagne ont trouvé leur dernier refuge au Maroc.

On ne peut déterminer avec précision l\'époque où la musique andalouse a fait son apparition au Maroc, les chroniques étant muettes à ce sujet, mais il est probable que les villes septentrionales du pays aient connu cet art dès le début du dixième siècle, c\'ést-à-dire à l\'époque où l\'Espagne musulmane connaissait l\'âge d\'or de sa civilisation: sa culture rayonnait alors, de toute son intensité, sur le monde occidental, et des esprits avides de savoir, venaient y approfondir leurs connaissances ou perfectionner leurs talents artistiques. Cette musique s\'ést développée par la suite, grâce aux apports de chaque nouvelle vague de réfugiés andalous et à la contribution de plusieurs générations de musiciens marocains.

Tous les chroniqueurs arabes s\'accordent pour affirmer que l\'arrivée en 822 de Ziriab à Cordoue, alors capitale des Omeyyades d\'Espagne, a eu une influence décisive, sur l\'avenir de la musique andalouse. “Les premiers andalous chantaient à la manière des Chrétiens ou des `houdat\'1 jusqu\'à l\'arrivée du grand maître Ali Ibn Nafi, surnommé Ziriab... Il leur révéla des chants qu\'ils n\'avaient jamais encore entendus. Sa manière de chanter fut imitée, à l\'exclusion de toute autre.” (Ahmad at-Tifachi: Mout\'at al-asma\').
Musicien de grand talent, Ziriab avait suscité la jalousie de son maître Ishaq al Mawsili (767-850) à la cour de Haroun ar-Rachid et fut contraint, sous ses menaces, de quitter Bagdad et d\'aller faire prévaloir ailleurs ses talents artistiques. Arrivé à Cordoue, il trouva à sa rencontre l\'Emir Abdou Rahmane Ibn Al Hakam en personne, geste qui témoigne de l\'intérêt qu\'on portait à la musique et de l\'estime dont jouissaient les artistes dans la société musulmane de l\'époque. Cordoue était alors le centre d\'une civilisation florissante et jouissait, déjà, d\'une bonne renommée artistique. A la cour omeyyade, se pressait une multitude de musiciens et de chanteurs remarquables, tels que Zarkoun, Alloun, Ibn an-Nachit, Monsour... Mais Ziriab ne tarda pas à les supplanter tous, car il n\'était pas seulement doué d\'une voix sans égale, mais il pratiquait aussi un chant nouveau, dans lequel se mêlaient les dernières pratiques de l\'école de Bagdad et celle de sa propre invention. C\'était aussi un virtuose du luth et un esprit encyclopédique...son répertoire aurait compté dix milles chansons.
A Cordoue Ziriab instaura donc une nouvelle méthode de chant. Pour élargir le registre du luth, il l\'avait doté d\'une cinquième corde et pour en améliorer la sonorité, il employait un plectre en plume d\'aigle et des cordes en boyaux de lionceau. Enfin, pour enseigner le chant selon ses nouvelle méthodes et lui assurer une longue durée, il fonda à Cordoue un conservatoire où il donnait lui-même des cours, assisté de ses fils et de ses disciples. Son influence fut considérable: “il léga à l\'Andalousie un répertoire immense de chants que les génerations se transmirent jusqu\'à la période des Rois de Taïfas. Séville en fut submergée, comme par un océan, et, après sa prise par les Chrétiens, cet art se répandit en Ifriquïa et au Maroc. Il en reste, aujourd\'hui encore, quelques vestiges malgré le déclin de ces royaumes et la régression de la vie urbaine...” (Ibn Khaldoun, al-Mouquaddima).

Sous la Dynastie Almoravide, la musique andalouse connait une grande vogue au Maroc. L\'histoire a conservé le noms d\'un certain nombre de compositeurs andalous qui se sont établis dans notre pays à cette époque, tels Ibn Baja, vizir de Yahya Ibn Youssef Ibn Tachfine “à qui sont dûs les airs les plus réputés en Andalousie” rapporte l\'historien marocain Ali Ibn Saïd. Parmi ces compositeurs figurent également Aboul Houssaïn Ali Ibn al-Himara al-Gharnati, disciple d\'Ibn Baja et Aboul Abbas al-Moursi...
Avec l\'avénement des Almohades, la musique tombe en discrédit, à cause du caractère puritain de leur doctrine. Ibn Toumert, fondateur de la Dynastie, incitait ses partisans à détruire les instruments de musique. “Le Calife Yakoub al-Mansour ordonna d\'arrêter les chanteurs et de les incarcérer partout où on les trouvait; ils furent obligés de se déguiser et se dispersèrent à travers le pays. Le marché des “kaïna”2 tomba dans le marasme, tant la demande était faible” (Ibn Idhari, al-Bayane al-Moghrib.)
Ces mesures ont obligé la musique andalouse à se camoufler derrière les “madihs,” cantiques en l\'honneur du Prophète, qui devaient connaître une grande vogue par la suie. Ces cantiques étaient composées sur des modes andalous et puisaient leur inspiration de la musique andalouse.

Ibn Khaldoun, cité plus haut, nous fournit des renseignements précieux concernant cette musique au temps des Mérinides: une grande partie du répertoire semble avoir été perdue, ce qui en subsiste appartient à l\'école de Séville. Mais après la chute de Grenade, cette musique connaît un nouvel essor: elle s\'enrichit de l\'apport des réfugiés grenadins dont la majorité vient s\'établir au Maroc.
La chute de Grenade, ainsi que les interventions armées des Chrétiens sur le sol marocain, provoquent, sous le règne des Wattassides et des Saâdiens, un mouvement nationaliste qui se traduit par une exaltation des sentiments religieux: le peuple met son espoir de libération dans une renaissance de l\'Islam. De nombreuses “zaouias” sont fondées; c\'est de là que sont lancés les appels à la guerre sainte (jihad). Ce sont aussi des foyers d\'enseignement du soufisme. La récitation du Coran, le chant des “madihs,” les cérémonies du “dhikr” (3... font partie de cet enseignement et tirent leurs éléments musicaux du riche répertoire andalou.
Le chant religieux semble avoir prévalu sur le chant profane durant cette période.
Sous la Dynastie alaouite, la musique andalouse jouit d\'un mécénat qui favorise de nouveau son épanouissement et permet l\'éclosion de nombreux talents remarquables. Des recueils de chants andalous font leur apparition; le plus célèbre est celui de Mohammed El Haïk, paru en 1800, et qui est resté, jusqu\'au début de ce siècle, la principale source de renseignements sur la musique andalouse. Moulay Mohammed IV et Moulay El Hassan I fondent, respectivement, à Fès et à Marrakech, des écoles qui dispensent, entre autres, l\'enseignement de cette musique. Pour la première fois, des colloques sont organisés, pour étudier les moyens de sauvegarder le patrimoine musical andalou. Enfin, les grands maîtres de cet art jouissent de la protection des souverains alaouites et sont comblés par eux d\'honneurs et de bienfaits.

Faute de documents écrit, il n\'est pas aisé de savoir à quel point la musique andalouse est restée fidèle à celle qui était en vogue dans l\'ancienne Andalousie; néanmoins, on peut affirmer que cette musique a conservé, davantage au Maroc que dans les autres pays du Maghreb, son caractère original. En effet, ayant échappé à la domination ottomanealors que ses voisins l\'ont subie pendant plus de trois siècles le Maroc a pu préserver son patrimoine musical de l\'influence, si puissante, de la musique turque. De plus, étant géographiquement, très éloigné des principaux foyers artistiques d\'Orient, il a vécu, artistiquement, replié sur lui-même. On est donc en droit de penser que sa musique est, dans ses grandes lignes, un écho assez fidèle de celle qui était connue dans l\'Andalousie musulmane. Mais comme tous les arts que se transmettent oralement, elle a dû subir, avec le temps, d\'inévitable défaillances et altérations. Ainsi, à l\'origine, le nombre des nawbas aurait-il été de vingt quatre, il n\'en reste aujourd\'hui que onze. Quelques unes ont perdu l\'une des cinq parties ou “mawaizin” dont elles se composent, telles la nawba d\'ar-Rasd et la nawba d\'al-Hijaz al-Mcharqui. Des chants composés sur des modes étrangers à la nawba dont ils font partie et appelés “yata-im” (orphelins), témoigent de la disparition de “suites” entières. Constatant toutes ces pertes, on ne peut s\'empêcher de penser que certaines déformations, plus ou moins importantes, ont dû altérer cette musique: les périodes de crises politiques et économiques que le pays a connues au cours de sa longue histoire, ont laissé des traces certaines sur la vie artistique. Tout ce qui, dans la musique andalouse, nécessitait de grands talents artistiques, pour être interprété dans sa version originale, a dû être simplifié, quand il n\'était pas tout simplement abandonné.
Malgré tout cela, il semble que cette musique n\'a pas été atteinte dans son essence et que son caractére original a été, dans l\'ensemble, assez bien conservé, malgré les vicissitudes du temps: elle a été amoindrie par les pertes qu\'elle a subies, elle a certainement perdu beaucoup de son éclat primitif, mais le fond est resté intact.




L'article écrit par notre ami Mounir Zouiten après le second voyage à Séville en Mai 2013.


Rihla Andalusia

‘’L’Association des ami(e)s d’al ala de Rabat-Salé’’ a organisé, au cours de la première semaine du mois de mai 2013, un très beau voyage à Séville et à Cordoue, en compagnie de l’orchestre tétouanais de la musique andalouse de Mehdi Chaachoo.

Nous étions, à peu près, 150 personnes à nous inscrire et profiter de ce beau voyage. La moyenne d’âge des participants était assez élevée, mais témoignait de la maturité des amoureux d’al ala.

Il a fallu mobiliser pas moins de huit grands autocars, quatre au Maroc et quatre en Espagne, pour assurer tous les déplacements. 

Le voyage a été marqué par une ambiance conviviale, saine, chaleureuse et fraternelle. Les membres du comité d’organisation étaient très attentifs, disponibles et responsables. Tous les visages étaient souriants même si parfois paraissaient fatigués. Certains d’entre nous se sont rappelés les beaux voyages organisés, au cours de la période estudiantines, dans le cadre de l’UNEM.

Ce que l’on retient essentiellement de ce magnifique voyage est évidemment, d’une part, la splendeur et la majesté des lieux et, d’autre part, les deux belles soirées de la musique andalouse organisées dans le beau pavillon du Maroc de l’espace de l’Expo universelle à Séville. La ‘’maison du Maroc’’, riche en arts islamiques, se distinguait de loin avec ses tuiles vertes. Durant les deux représentations de la musique andalouse et du flamenco, le choix des partitions était judicieux, avec des morceaux magnifiques que la plupart des participants connaissaient et appréciaient.

Nous avons commencé la Rihla par une ‘’N’zaha’’ dans un bel endroit verdoyant, situé à la périphérie de Séville. La quiétude de l’environnement nous berçait avec les beaux morceaux de la musique andalouse, choisis et joués par l’orchestre de Chaachoo. Les rythmes et chants dégageaient dans ce décor splendide une âme particulière.
 

Nous avons visité le lendemain les beaux monuments de la ville de Séville, la Cathédrale Giralda et l’Alcazar. Celui-ci se distingue par les couleurs de l’art islamique et les beaux jardins intérieurs et extérieurs du palais. La grande tour de la cathédrale au centre ville est la sœur jumelle de la Tour Hassan à Rabat. Par ailleurs, l’immense place d’Espagne est majestueuse. La visite de ses bâtisses et de ses jardins est un véritable plaisir. La fontaine au milieu de la place rafraichissait les visiteurs et leur permettait de continuer la découverte des lieux.

Ce fut également un plaisir pour les visiteurs de se balader dans la cité en empruntant soit les bus à étage comme à Londres, soit le bateau sur l’Oued El Kabîr, soit  les calèches comme à Marrakech.   

Les personnes qui sont allées se balader dans la ville de Cordoue ont été enchantées par la visite notamment de la grande Mosquée. Il s’agit d’une œuvre unique dans son genre. La bâtisse fut le sanctuaire le plus important de l’Islam Occidental à l’époque où Cordoue était la capitale d’al Andalus. Cette mosquée a connu, par la suite, une transformation chrétienne en y introduisant les icônes des cathédrales et des chapelles. C’est un patrimoine historique de l’humanité qui veille à l’art et à la culture, qui éveille l’exigence d’une beauté encore plus grande et qui ne décline pas avec le temps. Voir et revoir ce patrimoine est un vrai bonheur et un véritable plaisir pour les yeux.

Le voyage a été, pour beaucoup d’entre nous, une occasion pour faire connaissance avec de nombreux nouveaux amis. La durée du séjour était aussi bien choisie. La plupart des participants ne pouvait interrompre leurs activités professionnelles plus de cinq jours, car nous n’étions pas en période de vacances.

Un grand merci aux bénévoles de l’Association pour avoir permis à autant de monde de vivre cette belle et inoubliable Rihla andalusia.

Mounir Zouiten, le 15 mai 2013

L'article écrit par notre ami Mounir Zouiten après le Voyage à Lisbonne.

Après Séville et Cordoue, voyage effectué au cours de la première semaine du mois de mai 2013, ‘’l’Association des Ami(e)s de la Musique Al Ala Rabat-Salé’’ (AAMAA) a, cette fois-ci, organisé ‘’la Première rencontre Maroco-portugaise de la musique andalouse’’ à Lisbonne du 2 au 6 novembre. Le voyage et le séjour se sont très bien déroulés grâce aux efforts, sans relâche, des membres du Bureau de l’Association. 

Comme pour l’Espagne, plus de 150 adhérents ont participé à ce voyage collectif. Nous étions,  accompagnés de l’orchestre ‘’Rawâfid de Tanger’’ dirigé par Maître Omar Metioui qui a assuré, avec ses musiciens, deux belles soirées musicales à Lisbonne.
Les cinq journées passées dans cette charmante ville furent pleines de bonnes surprises. Nous étions enchantés par la beauté de la vieille capitale aux charmes atlantiques. Bon nombre de Lisboètes parlent français, héritage de ce qui fut autrefois une première langue obligatoire. Mais les jeunes, eux, sont plus à l’aise avec l’anglais.

A Lisbonne, on sent vite qu’il fait bon vivre. On est frappé, dans cette cité, par l’étendue de la verdure. Il y a partout des arbres et des espaces verts. La discipline est étonnante. La propreté des rues, des  trottoirs en noir et blanc et du métro l’atteste. L’ordonnancement des places est splendide, comme c’est le cas de la place du Commerce, sorte de grand hall magnifique et populaire dont la belle géométrie s’ouvre sur le fleuve. C’est là que bat véritablement le cœur de la capitale. En se baladant dans le centre-ville, on se laisse attirer par la clarté de la mer qui irradie l’arc de triomphe tout au bout de la rue Augusta. Le panorama de l’immense place sur laquelle on débouche offre une beauté singulière : ce n’est plus tout à fait un fleuve et ce n’est pas encore un océan. Le Tage est au cœur de la vie lisboète. Il est sensuel. On y sent une  douceur, sur chant des mouettes, qui nous laisse flâner le long du rivage. 

Au fond du Tage, apparaît le Pont aérien du 25 avril, ouvrage qui ressemble au ‘’Golden Gate’’ de San Francisco. Il dessine une porte vers l’atlantique. Tout au long du port et de ses rives, on trouve des corniches pour promenade. De l’autre côté du Tage, on a aussi un téléphérique qui assure le parcours de plus d’un kilomètre au-dessus de la rive et qui amène au pied de la Tour et près du Pont ‘’Vasco da Gama’’.

Le centre-ville garde jalousement un curieux mode de transport, celui du vieux tramway, pittoresque et écologique. La carlingue en bois coloré et vernis vibre, escalade les collines, plonge dans des descentes vertigineuses, se faufile habilement dans les rues étroites et encombrées et sillonne à petite vitesse les fiefs commerçants de la cité.

Pour la commodité de la circulation des piétons, la ville a installé des ascenseurs publics facilitant la visite des lieux situés en hauteur des collines.
La ville possède les plus grands centres commerciaux d’Europe, comme celui de ‘’Colombo’’ et  de ‘’Vasco da Gama‘’. Sur les grandes avenues, on y trouve tous les grands noms de la mode contemporaine. La cité se distingue aussi par l’existence de l’’’Océanarium’’, l’un des plus grands aquariums publics d’Europe.
Par ailleurs, les traditions et l’esprit de fête à Lisbonne ont encore leur place. Les Lisboètes sont aimables, décontractés, ouverts, hospitaliers et volontiers bon enfant. Ils sont amoureux du ‘’Fado’’. C’est une magnifique musique qui désigne le destin. C’est le rituel du châle noir. Le chant est soutenu avec des traits tendus et les yeux fermés. Les musiciens utilisent la ‘’Guitarra portuguesa’’ en forme de luth, la guitare à douze cordes, accompagnée par la ‘’viola’’, une guitare andalouse. Beaucoup de spectacles sont organisés pour les touristes. Les amateurs et amoureux portugais y participent avec amour, douleur et nostalgie. Ils viennent chercher dans les ‘’Casas du fado’’ le rappel des chagrins disparus, le souvenir des larmes et de la tristesse… Parfois le répertoire se fait plus léger, plus drôle, marqué d’une vitalité ironique et spirituelle. On a eu droit aussi à des veillées musicales modernes dans des lieux charmants du centre-ville. 
Tout au long de la mer, la visite est très agréable du côté de ‘’Cascais’’ où il y a de petites stations balnéaires aménagées pour les touristes des saisons estivales. Les vues sont prenantes sur la mer. L’atlantique est tumultueux et la côte sauvage, tailladée de rochers et de falaises.

La visite se poursuit sur les hauteurs boisées de ‘’Sintra’’. On parvient à la ‘’Serra de Sintra’’ par une route étroite, où s’engouffre des grandes propriétés, autrefois l’apanage des nobles, aujourd’hui résidences de la jet-set. C’est un massif granitique d’une quinzaine de kilomètres qui émerge abruptement de la plaine. C’est un lieu de fraîcheur avec des forêts épaisses qui a attiré des rois, des poètes et des grands romantiques notamment anglais. Il est classé par l’Unesco patrimoine de l’humanité. Tout en haut se trouve le ‘’Palacio da Pena’’, perché à 500 mètres au dessus de la ville. C’est un pur fantasme bavarois, un musée du romantisme. Il fut érigé au XIX siècle par Ferdinand II, époux de Dona Maria II. Son intérieur est ‘’mauresco-gothique-renaissance’’, encombré d’ottomanes et de lourds mobiliers de palissandre et d’ébène. Tout n’y est qu’allégories mystérieuses qui en disent long sur l’influence arabe à la cour portugaise et l’étroite symbiose entre les deux cultures.

A une vingtaine de kilomètre de ‘’Sintra’’, on arrive au promontoire de ‘’Cabo da Roca’’ qui surplombe l’Atlantique. On dit que c’est la pointe la plus occidentale de l’Europe continentale. Pour nous convaincre, on nous a proposé de nous acquérir, au petit bureau de tourisme situé sous le phare, moyennant 11 Euros, un certificat attestant notre passage en ces lieux élevés où finit la terre et commence la mer !

Notre séjour s’est clôturé par l’agréable soirée musicale, organisée par Mme l’ambassadeur du Maroc, karima Bniaïch, dans l’enceinte de l’Hôtel ‘’Pestanna Palace’’ en l’honneur des ‘’ami(e)s d’Al Ala’’ et de ses invités du cercle diplomatique à Lisbonne. Certaines personnalités, dont notamment des parlementaires et leaders de la société civile marocains, qui étaient venus participer à une réunion du Conseil Européen, étaient également parmi nous. L’orchestre ‘’d’Al Ala’’ a assuré une très belle prestation musicale. Les invités, en fin de soirée, étaient conviés à prendre part au dîner offert par l’ambassade du Maroc.
Vive l’échange interculturel, source de connaissance et de convivialité.

Merci cher ami


Ci-après le texte de notre ami Mounir Zouiten, écrit après le voyage à Cordoba (30/03 - 04/04), qu'il en soit vivement remercié.

Rihla Andalusia àCordoba

‘’L’Association des ami(e)s d’Al Ala de Rabat-Salé’’ a organisé, du 30 mars au 4 avril 2016, sa 4ème ‘’Rencontre Maroc-Espagne de la Musique Andalouse’’ à Cordoba, cette fois-ci, pour 144 de ses adhérents. Les frères Mehdi et Amine Chaachoo et leur orchestre de musique andalouse de Tétouan nous ont accompagné et ont animé deux soirées lors de notre séjour dans cette belle cité andalouse. Les membres du Bureau de l’association, à leur tête notre ami le Dr. Azzedine Abdellaoui Maan, n’ont épargné aucun effort pour nous assurer le transport, l’hébergement et les excursions durant cet agréable séjour. Durant le voyage aller dans l’autocar n°3, nous avons eu droit à une animation instructive et festive. Instructive, par le pertinent exposé, bien documenté en histoire et en littérature, par notre cher ami Jilali Harradi sur l’Andalousie, et festive, par le fin humour suggéré par des participantes femmes notamment.

La ville de Cordoba nous a tous émerveillé. Et pour cause. Elle est faite elle-même de la substance du temps et ses lieux semblent contenir l’intégrité de l’univers. Cordoba a de fortes particularités et un riche passé. Avant de livrer nos impressions sur la cité contemporaine, présentons d’abord quelques repères historiques qui synthétisent la très longue histoire de cette aire géographique méditerranéenne.

C’est avec la romanisation que Cordoba entra de plain-pied dans l’histoire. Les Romains s’y installèrent en l’an 206 av J.C. Elle devient colonie romaine en 169 av J.C et obtient le statut de capitale de la Hispania en 152 av J.C. Ce n’est qu’au troisième siècle de notre ère qu’elle perdit son statut de capitale au profit d’Hispalis (Séville). On y trouve encore quelques vestiges de la civilisation romaine. Cordoba s’est imposée comme la plus grande métropole du continent au Xème siècle. Sa splendeur était alors seulement comparable à celle de Bagdad en Orient. C’est par elle que fut transmis l’incommensurable héritage gréco-latin, enrichi de ses propres apports si importants pour connaître notre histoire.

Après la destruction totale de la ville au Vème siècle, suite à l’invasion barbare, Cordoba renaît de ses cendres en 711 avec la conquête musulmane. Les arabes l’ont convertie en leur capitale d’al-Andalous. Mais, la période faste de la ville commence, en fait, en l’an 756 lorsqu’Abderrahmane I, survivant de la dynastie omeyyade de Damas contre les rivaux abbasides, y installe son pouvoir, instaurant l’Emirat indépendant d’al-Andalous. Son descendant Abderrahmane III a imposé son pouvoir et son influence sur toute la Péninsule et une partie du Maghreb. Il instaura le Califat en 929, initiant une période considérée d’une grande splendeur. C’est au cours de la deuxième moitié du Xème siècle que le Calife Abderrahmane III a érigé la grande mosquée de Cordoba et la cité Madina al-zahra. Ce fut l’apogée de l’art Califal.

S’agissant de la grande mosquée, elle a été construite, en fait, par le fondateur Abderrahmane I en 785, agrandie par Abderrahmane II en 833, remodelée par Abderrahmane III en 945, à nouveau agrandie par le fils de ce dernier Al-Hakam II en 961. C’est ce Calife illustre qui termina aussi la construction de la magnifique cité palatiale de Madina al-Zahra, entamée par son père.

En ce brillant Xème siècle, le rayonnement culturel de Cordoba s’impose au reste du monde. Avec un million d’habitants à l’époque, elle fut la plus grande métropole d’Occident (!). C’est le général al-Mansour qui usurpa le pouvoir des Omeyyades. L’incapacité de ses successeurs aboutit rapidement à la désintégration de fait du Califat en 1013 et à de son abolition définitive en 1031. Sur les cendres de cet Etat, surgit une mosaïque de petits Etats indépendants appelés les ‘’royaumes de Taifas’’. La période post-califale vit apparaître des figures marquantes d’une grande influence dans la culture occidentale, comme le philosophe Averroès (1126-1198), le poète Ibn Hazm (994-1064) et le théologien et médecin Maïmonide (1135-1204). Parmi les Etats de ‘’Taifas’’ du XIème siècle, celui de Séville était le plus puissant. Il annexa d’autres royaumes dont celui de Cordoba. Les rois sévillans, en particulier al-Mouatamid, se voulaient les héritiers de la splendeur du Califat. Mais une fois de plus, les intrigues et les luttes internes, ainsi que la pression croissante des royaumes chrétiens du Nord, fit que les émirs d’andalousie firent appel aux Almoravides, lesquels, sous la conduite de Youssef Ibn Tachfine, finirent par envahir le territoire, repoussant ainsi la reconquête chrétienne de plusieurs siècles. Cordoba sera définitivement conquise en 1236, soit 24 ans après la décisive bataille de Navas de Tolosa, par le roi Ferdinand III.

Nos balades diurnes et nocturnes à Cordoba ont commencé dès la première nuit de notre arrivée et se sont poursuivies le premier jour. Elles intéressaient surtout le centre historique de la cité. Nous avons quasiment tous commencé par la visite de la Grande Mosquée. C’est un chef-d’œuvre de l’architecture mondiale, l’un des exemples les plus aboutis de l’art islamique en Occident, aussi bien du point de vue de ses innovations techniques et esthétiques que pour son influence dans l’histoire de l’art. L’influence syrienne est ici manifeste. Le génie du fondateur Abderrahmane et de ses compagnons locaux y ajouta la créativité de formules architectoniques et décoratives qui feront de la mosquée de Cordoba un modèle à suivre durant des siècles (pauvre Syrie aujourd’hui !). La construction fut achevée avec son fils Hicham qui termina le minaret primitif carré dans la cour en 793. Lorsque les chrétiens reprirent possession de la ville en 1236 avec Ferdinand III, ils procédèrent à des modifications architecturales Lorsque les chrétiens ont repris possession de la ville en 1236 avec Ferdinand III, ils ont procédé à des modifications architecturales, avec la construction de la cathédrale en son centre, pour restaurer le culte et répondre au désir de contempler les signes chrétiens. Des 1013 colonnes originales de l’époque musulmane, il en reste 856 blanches et rouges créant l’illusion d’un espace sans axe défini, statique et dynamique à la fois, qui s’ouvre dans toutes les directions. Le résultat est que le visiteur de la cathédrale aujourd’hui, avec le mélange des deux religions, sent qu’il est dans un espace patrimonial appartenant à l’humanité entière et que la beauté, inspirée de l’art et de la culture, ne décline jamais avec le temps.

A proximité de la Grande Mosquée et sur des vestiges romains et arabes, on trouve cette forteresse appelée ‘’Alcazar des Rois Chrétiens’’. Il s’agit d’une forteresse en plan carré, avec des tours structurées autour d’une longue galerie qui abrite de précieuses pièces archéologiques datant de l’époque romaine du IIIème siècle. Ce palais occupe les espaces des résidences royales anciennes, là même où a vécu César (en 65 av J.C.). La forteresse fut construite au début du XIVème siècle, en 1328, par Alphonse XI pour la distinguer du type d’édifices utilisés par les princes musulmans. En 1482, elle fut le siège du tribunal de l’Inquisition, jusqu’à la disparition de celui-ci en 1821. Elle servit ensuite de prison et de caserne jusqu’au milieu du la moitié du XXème siècle. C’est seulement en 1951 qu’elle est aménagée en musée et centre pour des événements publics. Son patio et ses jardins furent restaurés. Ils sont considérés comme les lieux les plus beaux de Cordoba où on se sent en paix et hanté par bien des figures historiques.

Sur la rive opposée à la Grande Mosquée, près de l’accès au pont, nous avons également visité la Tour d’origine islamique de la Calahorra (forteresse ‘’libre’’), inscrite sur la liste du patrimoine mondial. Elle fut construite par Alphonse XI, presque un siècle après la présence musulmane à l’emplacement d’une ancienne forteresse arabe. Elle héberge actuellement le Musée des Trois Cultures qui abrite maquettes et expositions permanentes dont le but est de diffuser la pensée cordouane du Xème siècle. A l’intérieur, en visitant les salles dans les étages, nous voyageons à travers l’histoire et la culture d’Al-Andalous. Le commentaire, conçu à cette fin, avec des moyens technologiques sophistiqués, explicite le statut et le rôle des personnages les plus marquants de l’ère musulmane, de la science, de la technique et de la musique de cette époque.

Le Musée archéologique, installé dans une maison de la Renaissance, est exemplaire aussi bien pour son contenant que pour son contenu. Il conserve des pièces significatives de l’époque romaine et d’importants vestiges de l’époque musulmane.

En dehors de ces beaux monuments visités, nous avons apprécié particulièrement, au cours de nos promenades, les patios et les placettes de Cordoba, situés dans le labyrinthe de ruelles qui entoure la mosquée et dont le tracé suit la chaotique structure urbaine de la période musulmane. Les placettes et les maisons sont colorées et parfumées en orangers et en géraniums sur les balcons. Les patios, au fond d’étroites ruelles, sont isolés seulement par de jolies grilles au goût baroque. Ils dévoilent leur charme aux passants curieux à travers de très nombreux objets décoratifs et autres espaces fleuris.

Le quartier juif est également très intéressant. C’est un ensemble de ruelles labyrinthiques en passages ombragés, en patios et places, qui conservent encore une structure similaire à celle de l’époque califale. Les juifs ont joué en Andalousie du Xème siècle un rôle prépondérant dans l’organisation du califat comme administrateurs, commerçants, médecins et haut-fonctionnaires.

Le deuxième jour, une bonne partie d’entre nous a choisi de (re)visiter Séville profitant de la sortie organisée par l’association. Nous avons apprécié à nouveau les monuments de cette très belle cité andalouse, notamment la Cathédrale de la Giralda et l’Alcazar. Nous avons grimpé jusqu’en haut de la grande tour de la cathédrale, ancien minaret construit à l’époque almohade et dont s’est inspiré Yaakoub El Mansour pour la construction de la Tour Hassan de Rabat, qui est elle-même la jumelle de la Koutoubia à Marrakech. Par ailleurs, la visite de ses bâtisses et de ses jardins est un véritable bonheur. Ce fut également un plaisir de se promener en empruntant soit les bus touristiques, soit le bateau sur l’Oued El Kabîr, soit les calèches comme dans la cité ocre au Maroc.

Une autre visite fut particulièrement appréciée par notre groupe ; celle de Madina al-Zahra, un site archéologique situé à 8 km au nord de Cordoba. C’est l’un des plus grands d’Europe. Dans le très beau musée de cette cité andalouse aujourd’hui en ruine, nous avons d’abord visionné un magnifique documentaire qui relate les différentes étapes de l’histoire du site, puis visité sa bibliothèque et son exposition permanente. Il s’agit d’une ville construite à l’époque d’al-Hakam II. Cette ville a été érigée à l’apogée de l’art califal par Abderrahmane III. Elle est située sur trois grandes terrasses. La terrasse supérieure abritant la résidence califale, d’où le commandeur des croyants dominait la ville. La terrasse moyenne était destinée à l’administration, les jardins et les résidences des haut-fonctionnaires. La terrasse inférieure correspondait à la ville proprement dite, avec sa grande mosquée, les souks, les bains, ... et où vivaient le peuple et la troupe de réserve.

Les quatre jours de notre Rihla Andalusia ont été rythmés, au-delà des promenades dans les majestueux lieux historiques des cités, par les belles soirées de musique andalouse animées par les maîtres Mehdi et Amine Chaachoo et leurs compagnons musiciens de Tétouan. Les rythmes et paroles, judicieusement choisis pour la circonstance, ont enchanté l’ensemble des participants.

Bon nombre de ces derniers ont assisté le samedi à la soirée de Flamenco en ville, organisée par la veuve palestinienne de Roger Garaudy (philosophe français, ex-communiste converti à l’Islam). Certains d’entre nous ont préféré suivre le Classico Réal-Barça à l’hôtel. La prestation des artistes Flamenco a beaucoup plu aux participant(e)s. Si nos ami(e)s amateur(trice)s d’al-ala se sont déplacé(e)s pour voir le spectacle du Flamenco, c’est dans un esprit de partage culturel et d’appréciation de l’autre genre d’art andalous. On peut regretter, par contre, l’absence totale, lors de nos soirées andalouses dans l’hôtel, de spectateurs locaux ! Il aurait été intéressant, pour notre association, d’impliquer, pendant les préparatifs, une association culturelle locale de Cordoba en vue de mobiliser les personnes intéressées par la valorisation de la musique andalouse traditionnelle.

Nonobstant quelques insuffisances au niveau de l’organisation, indépendantes de la volonté des membres du bureau de l’association, l’esprit ‘’N’zaha’’ ne nous a pas fait défaut. Bien au contraire, nous nous sommes beaucoup amusés dans ce bel endroit verdoyant, situé à la périphérie de Cordoba et profité du beau temps qui nous berçait avec les beaux morceaux de la musique andalouse. Le moment fort d’al ala à N’zaha, la ‘‘fraise’’ sur le gâteau, fut celui de la Sana’a (Tasdirat Bassit Maya), choisie et admirablement interprétée, en compagnie de l’orchestre Chaachoo, par notre chère amie Meryam El Omari. La surprise était telle que les applaudissements et les youyous ont spontanément fusé dans une vraie ‘‘standing ovation’’. Merci Meryam.

Le dernier mot, avant de conclure ce témoignage sur notre Rihla, est d’ordre écologique et culturel. Très important, car il n’y a pas de développement possible sans la prise en compte du contexte environnemental et de valorisation du patrimoine. Nous avons dû, tous, observer la propreté des différents lieux publics visités. Nous avons bien constaté que la ville a pris le problème des déchets dans les rues, les parcs, les places, les artères, ... à bras le corps. Elle assure ainsi le bien-être des habitants et des visiteurs et offre un cadre de vie décent et des possibilités d’accéder aux sites intra-muros et patrimoniaux. En y circulant, on apprécie la qualité de vie et l’environnement (bacs de tri d’ordures colorés, véhicules et bennes de déchets, arbres d’alignement en voiries (Humm l’odeur dégagé par les orangers à Cordoba !), protection et ‘’verdurisation’’ des pieds d’arbres, embellissement des quartiers, fleurissement des rues et façades de maisons...). Du côté de chez nous, la ville, encore aujourd’hui, demeure synonyme de grands dysfonctionnements.

Quant à la culture, nous devrions désormais la considérer également comme un levier essentiel du développement humain. Nous avons bien vu qu’en Espagne, le champ des cultures et des arts est, clairement, à la fois moteur et produit du développement. C’est une ‘’valeurs ajoutée’’, en termes éthiques, de bénéfices, mais aussi en termes d’impacts économique et social. Le patrimoine naturel et culturel, notamment à travers le tourisme, représente un gisement de développement économique et de création d’emplois. Il est en tout cas évident, nos déplacements en Espagne nous l’ont bien confirmé, qu’un certain poids de la culture contribue inéluctablement dans la réussite du progrès et du développement.

Enfin, tout en regrettant l’absence de celles et ceux qui n’ont pas pu participer à l’expédition, dont notamment notre cher ami Karim Bensouda, secrétaire général de notre association, il sied de remercier les membres bénévoles du Bureau ; nos chers amis Azedine Abdallaoui Maan, Seddik El Abbadi, Abdelkrim Morajji et Said EL OMARI, pour avoir facilité le voyage et permis à autant de monde de vivre cette inoubliable Rihla.

 

Mounir Zouiten,Université Mohammed V, Rabat, 9 avril 2016

                                                                                   



نقدم فيما يلي

مجموعة أشعار وأزجال موسيقى الآلة 

البرولة في موسيقى الآلة الأندلسية المغربية



source : http://starziko.marocs.net/t8-topic#23

من وحي الرباب

مجموعة أشعار وأزجال موسيقى الآلة

اعداد الأستاذ الحاج عبد الكريم الرايس

تقديم الأستاذ أحمد عيدون

 من كان يتنبأ في بداية الثلاثينات أن يخلف ذلك الشاب الوديع الصامت أستاذه محمد بن عبد السلام البريهي على رأس أهم جوق عرفته الموسيقى الأندلسية المغربية في القرن العشرين؟

في أقدم صورة معروفة للعموم أخذت لفرقة البريهي سنة  1939، يظهر لنا هذا الشاب على يمين المعلم محتضنا عوده ومشتركا مع ألمع العازفين آنذاك في مصاحبة الغناء وتنميق التوشيات وتوقيع الأجوبة المتباينة لشذرات من الصنائع الأصلية، خلال هذه الفترة كان الحاج عبد الكريم الرايس ينهل من الصنعة والعلم، ويتأثر بالجو الصوفي البديع لشيخه. ولو كان الحاج عبد الكريم الرايس فقط ابن فاس في بداية هذا القرن لكفاه ذلك مؤونة وزادا في مسلك التصوف والورع، فالمدينة كلها مساجد وأضرحة ونغمات الإنشاد والموسيقى فيها تكاد لا تنفصل عن البردة والهمزية والبغدادية وكلام القوم وأذكار الملحون والطرق الصوفية، بالمقابل لم يتح لمعاصريه ولاحقيه من الموسيقيين والمنشدين أن يدركوا ما أدركه، رغم أنه لم يكن أعلمهم ولا أكثرهم حفظا ودراية ولا أبرعهم عزفا، لكن حكمته في صمته وفي قدرته على الإنصات والاستيعاب وفي ذلك التوازن العجيب في شخصيته بين الوداعة والجدية وبين الرقة والحزم، وهي كلها مؤهلات لعبت لصالحه لما حان وقت اختيار خلف للمرحوم البريهي سنة  1944.

لقد حضي بما يدنو من الإجماع لدى الموسيقيين والمولعين على السواء، بمنصب لم يسع إليه، وإمارة أتته صاغرة خافظة لأجنحتها، فتقلد مهمة الرئاسة، وظل وفيا للروح والأسلوب، كما حرص على تسمية الجوق باسم المرحوم البريهي وجلب إليه أمهر العازفين وأعذب الأصوات محافظا على إشعاع هذه المؤسسة عقودا من الزمن.

وإذا كان لجوق المرحوم البريهي في فترة الحماية نشاط محدود لا يتعدى  بعض الحفلات المذاعة من متحف دار السلاح، وإعطاء بعض الدروس غير المنتظمة، فإن فترة الستينات ستعرف انطلاقة نشاط متعدد الأوجه للحاج عبد الكريم الرايس الذي كان سندا فنيا قويا لجمعية هواة الموسيقى الأندلسية بالمغرب منذ نشأتها عام  1958، ومنذ أن أقدمت منظمة اليونسكو على تسجيل نوبات الموسيقى الأندلسية، واعتمدت  في هذا البرنامج على رواده وأبرزهم الحاج عبد الكريم الرايس. ورغم أن هذا المشروع لم يكتمل، فقد كان من حسناته أن تنامى الوعي بضرورة التوثيق وضمن الرواد إشعاع الموسيقى الأندلسية داخل المغرب وخارجه.

عين الحاج عبد الكريم الرايس مديرا للمعهد الموسيقي بفاس سنة 1960 حيث جمع إلى وزر الإدارة  مهمة التدريس والتلقين، وحرص أشد الحرص على تدقيق الصنعة ونبذ الزخارف الخارجة عن الطبع، وإحكام الوزن، وسلامة الربط بين الصنعات، واستمر بهذه الصفة يسدي النصح إلى الجميع، تلاميذا مباشرين كانوا أن أتباعا من مختلف أنحاء المغرب. ولم يكتف أستاذنا بالتلقين التقليدي بل كان مقتنعا ومدافعا عن ضرورة التوثيق، إذ صدر له في 1970 كتيب الدروس الأولية في الموسيقى الأندلسية وفق البرنامج الذي اعتمدته وزارة الثقافة منذ  1968، وقام بتنقيح هذا العمل قبل أن تصدر له كذلك طبعة أنيقة لمجموع الحايك، حسب رواية مختصر الجامعي سماها «من وحي الرباب» (هذا الكتاب) ، كما باشر مع تلميذه محمد ابريول تدوين نوبات الأندلسية بالترقيم الموسيقي (النوطة) وأصدرا معا مدونات نوبة غريبة الحسين وهو العمل الذي استحق في 1986 جائزة المغرب للكتاب.

هذا الرجل الذي لقن أسرار الصنعة لأجيال من الموسيقيين وحرص على المشاركة في حلقات البرامج ومشاغل المؤتمرات العلمية كمؤتمر فاس لسنة  1969، لم يتردد في دعم مشروع الأنطولوجية الكاملة لطرب الآلة وتسجيل أربع نوبات هي: الماية، والاستهلال، والحجاز الكبير، والحجاز المشرقي، بعدما قدم منذ بداية الاستقلال تسجيلات رائعة للإذاعة الوطنية، وقدم في عدة مهرجانات بفاس وشفشاون على الخصوص صنائع كان الآخرون يضنون بها. وكان من أخلاقه أنه يتحرى في حديثه عن الوكيلي والتمسماني التزام نبرة الاحترام وعدم قبول أن ينتقدهم أحد أمامه، فهم رفاق الطريق وله معهم لغة خاصة هي سر التمكن والإحساس العميق بهذا الفن الكلاسيكي المغربي.

كرئيس جوق تميز الحاج عبد الكريم الرايس بالاقتصاد في الحركات والاختصار في اللفظ، إذ لا يتعدى الأمر عنده إلقاء نظرة أو إشارة طفيفة بالقوس أو ترميز لعارفي الإيقاع، أما الصنعة فكان الكل يعلم أن نفقته مضبوطة وتدخلاته محكمة واستشرافه لأذواق المولعين والهواة معلوم، واختياراته الشعرية والزجلية مناسبة لكل مقام ومقال.

لكن السر في حلاوة الأداء نجد جزءا من تفسيره في تلك السلطة المعنوية التي كانت له على العازفين، فهم إما رفاق كالفنان محمد التويزي، والمرحومين محمد بوزبع وعبد الأحد عامري، أو تلاميذ تلقوا عنه قبل أن يشاركوه شرف إسعاد الجمهور.

وإذا كان الحاج عبد الكريم الرايس قد اشتهر في بلده ونال تقديرات عديدة وأوسمة، فقد حظي بنفس التقدير في مجموع بلاد المعمور التي زارها، وبدأت رحلته إلى الجمهور العالمي العريض سنة 1977 بحفلة هامة في مدينة بال السويسرية، وقدم في باريز وكولون منتخبات صارت في ما بعد أساس التسجيلات التي قامت بها إذاعة فرنسا وشركة هارمونيا موندي، كما أن اشتراكه في تظاهرة كبرى بلندن سنة 1979 أسهمت بالتعريف بطرب الآلة وجلبت إليه المزيد من المهتمين.

أما تردده الدائم على فرنسا وتأثيره الكبير على جمهورها المتذوق والراقي فقد كان سببا كافيا جعل جاك لانك وزير الثقافة الفرنسي يقلده وسام الجمهورية الفرنسية في الفنون والآداب، وقد يطول الحديث في استعراض كل المهرجانات واللقاءات التي حضرها أستاذنا في أوروبا وأمريكا والبلاد العربية.

وكعادة الأساتذة الكبار كان يعتبر أن مهمته لا تنحصر في القسم بل تتعداها إلى إشاعة القواعد الفنية والأسس الجمالية في المجتمع بكامله، فظل إلى غاية وفاته، يبث نظرته للفن إلى جمهوره العريض، ويحاول أن يحافظ على التوازن الصعب بين إرضاء هذا الجمهور والالتزام بحدود معقولة في الضوابط التقليدية للعمل الفني.

رحم الله فقيد المغرب الحاج عبد الكريم الرايس وأسكنه فسيح جناته.

                                                         أحمد عيدون

                                                            باحث موسيقي

 

 

 

 

 

 

من وحي الرباب

مجموعة أشعار وأزجال موسيقى الآلة

اعداد الأستاذ الحاج عبد الكريم الرايس

 بقلم الأستاذ عبد اللطيف أحمد خالص

 المحمود الله جل جلاله والمصلى عليه سيدنا محمد وآله

 يسرني غاية السرور، ويسعدني أيما إسعاد، أن أقوم اليوم بتقديم  كتاب «من وحي الرباب» وهو عبارة عن مجموعة من الأشعار والأقوال والتواشيح والأزجال والكلام المنظوم الموزون، المعروف عندنا بالملحون؛ تلبية لرغبة ملحة عبر لي عنها مرارا أخونا الأستاذ الفنان الحاج عبد الكريم الرايس، رئيس مجموعة موسيقى «الآلة» بمدينة فاس، المعروفة بمجموعة المرحوم البريهي وأحد كبار رجالات هذا الفن في بلادنا، والذي قام بهذا العمل الأدبي والفني الرائع.

وعملية هذا الجمع ذات أهمية قصوى؛ فقد جاءت لتسد فراغا كبيرا في هذا المضمار، كما تمت في ظرف أخذ الإقبال يتزايد فيه بكثرة على هذا الطرب المغربي الأصيل، وأصبح عدد كبير من الهواة والعشاق، والمحترفين الحذاق، يتناولونه، حسبما هو معروف في المدينة التي يوجدون بها، وحسبما هو محفوظ عنهم في الكنانيش الفردية، والدفاتير الشخصية، وبعض الأوراق المتناثرة هنا وهناك، وتزداد أهمية عملية الجمع هذه، إذا ما اعتبرنا ما يقوم به بعض المهتمين بموسيقى  «الآلة» من مجهودات جبارة للحفاظ على هذا التراث المغربي الأصيل، الذي كاد الاهمال الذي لقيه عبر التاريخ يؤدي بالأشعار والأقوال المستعملة فيه الى الاندثار والضياع، كما أدى ببعض الأنغام والألحان المستعملة فيه إلى الانحلال والانصداع.

والحقيقة أن موسيقى «الآلة» من أهم الآثار التي يزخر بها التراث المغربي الحديث نظرا لما تشتمل عليه من أنغام توارثها الآباء عن الأجداد، ومن معان سامية يتشبث بها الأبناء والأحفاد، ومن آلات عتيقة مازال العازفون في الوقت الحاضر يحافظون عليها، كما يحافظون على الطريقة التقليدية التي كان يستعملها بها أسلافنا منذ قرون مضت.

إن موسيقى «الآلة» لا تهم الجانب الغنائي فحسب، ولكنها تمس جوانب متعددة من الحضارة المغربية، ومناحي متنوعة من المدنية القومية تتجلى، أولا، في تعدد الألحان العذبة والأنغام الشجية، والإيقاعات التي غنيت بها موسيقى «الآلة» كما تتمثل، ثانيا، في التراث الأدبي الزاخر بالأشعار البديعة، والكلمات الرفيعة، والأقوال العجيبة؛ إلى غير ذلك من زجل وملحون جمع بين رشاقة المبنَى، وجلالة المغنَى، وعمق التفكير، وحسن التعبير، الأمر الذي جعل الخلف يطرب لها بقوة لا تقل عن الاهتزاز الذي كانت تحدثه هذه الألحان والأنغام والأقوال والكلام في نفوس السلف. أما الجانب الثالث الذي يضفي على «الآلة» هالة الإعجاب بها، والاكبار لها، فهو نوع الآلات العهيدة التي يعزف بها الهواة والمحترفون في هذا الفن، وطريقة العزف على هذه الأدوات الموسيقية الوترية القديمة كالرباب الذي يرجع استعماله الى القرون الوسطى، وكيفية أداء هذه الموسيقى. ذلك أن المعروف عن طريقة أداء هذه الموسيقى أنها تتميز بكونها طريقة موسيقى جماعية، تفرض في نفس الوقت العزف والغناء، والترديد والأداء؛ ويعني هذا أن أعضاء المجموعة الموسيقية يستعملون، عند العزف، غالبية الآلات الموسيقية إن لم تكن جميعها، على وجه التحقيق والتدقيق، كما أنهم يقومون، جميعهم، بالتغني بألحان هذه الموسيقى، ولا يتوقفون عن العزف الجماعي ساعة الغناء، بخلاف ما  هو عليه الأمر عند المجموعات الموسيقية الحديثة التي يتوقف فيها العزف ساعة الغناء، أو التي يوكل الغناء فيها إلى شخص واحد أو إلى مجموعة صوتية يطلق عليها اليوم اسم «كورال». وقد لا نفي موضوع هذه الطريقة التقليدية حقه إن لم نشر إلى الكيفية التي كانت تجلس فيها مجموعات موسيقى «الآلة». قد كان يخصص لها ركن أو زاوية في البيت أو في فناء الدار، تبث فيه زراب وأفرشة وأرائك يقعد فيها أفراد المجموعة للشروع في عملهم الفني من عزف وغناء؛ إذ يجدون في هذه الجلسة جميع أسباب الراحة والهناء دون أن يفرضوا على صاحب الحفل مكانا مرموقا في البيت تقام فيه منصة خاصة وتوضع به كراس مرتفعة، كما هو عليه الأمر اليوم بالنسبة للمجموعات الموسيقية الحديثة المسماة بالأجواق العصرية. كل هذا يجعل غيرتنا كبيرة على هذا التراث المغربي رغبة في الحفاظ عليه، وعلى طابعه الأصيل حتى يظل كالمباني الأثرية الخالدة الموجودة في بلادنا بكثرة، ثابتا راسخا كالطود الشامخ، يتحدث في تحدٍّ واعتزاز، عن أمجادنا الوطنية، ويخلد حضارتنا القومية، ويعرف بأصالتنا الثقافية والفكرية والفنية على السواء، ويضمن لبلادنا استمرار الاشعاع الفكري والديني الوهاج، والاشراق الفني والروحي المجيد، الذي واكب حياتنا في القرون الماضية، والذي سيتواصل، بحول الله، في الحال والاستقبال.

وقد دفعت الغيرة الأكيدة على هذا التراث الأصيل بعض المؤلفين من المواطنين المتمسكين بأصالتهم القومية، وإنسيتهم المغربية، من أدباء وعاة، وعلماء حماة، إلى بذل جهود جبارة لصيانة هذا التراث، وإحلاله المكان اللائق به ضمن مظاهر حضارتنا، فعملوا على التعريف به بين المواطنين، عموما، وشبابنا، خصوصا، والمثقفين منهم بصفة أخص، وانشاء المعاهد الموسيقية الكفيلة بتلقين أصوله الى الناشئة المغربية، وتأليف الكتب العديدة عنه، ونشر المؤلفات القديمة المتعلقة به، وطبع المخطوطات التي تشتمل على الأشعار، والأقوال، والتواشيح، والأزجال التي وجدت في بعض الخزانات العامة والخاصة، وتجديد ما طبع منها في الماضي؛ أذكر منها على سبيل المثال لا الحصر ما قام به أخونا الفنان الحاج ادريس بنجلون التويمي رئيس جمعية هواة الموسيقى الأندلسية بالمملكة المغربية، وأخونا الأستاذ الفنان السيد عبد اللطيف بنمنصور الذين عملا على طبع مجموعة «الحايك» في حلل باهية وأشكال زاهية، وما سعى إليه بعض المتعلقين بهذا الفن الأصيل من اخراج بعض النوبات منفردة أو مشتركة إلى حيز الوجود حسب الرسم الموسيقي المعروف «بالنوطة»كعمل الأستاذين التازي لبزور والشامي؛ وهي، وايم الحق، أعمال جليلة واهتمامات جميلة يستحق أن يجازى عليها كل الذين دفعهم حافز الغيرة الوطنية إلى الاعتناء بهذا الفن والقيام بحفظه، كليا أو جزئيا، من الضياع.

وقد جاء عمل الأستاذ الحاج عبد الكريم الرايس ليكلل هذه الجهود المبذولة إذ لأول مرة يتصدى رئيس مجموعة موسيقية يشهد له الجميع بطول الباع في الميدان، ليضطلع عن معرفة وروية، بهذه المهمة الجليلة والتبعة النبيلة.

والفنان الحاج عبد الكريم الرايس جمع بين المعرفة والتطبيق؛ فهو حافظ كبير لموسيقى الآلة شعرها وكلامها، ألحانها وأنغامها، وهو في نفس الوقت عازف بارع يتقن استعمال مختلف الآلات، وفي طليعتها، الرباب الذي قل عدد الذين يحسنون استعماله، وهو إلى جانب ذلك، رئيس مجموعة موسيقية استطاعت بقدرة أعضائها الفنية الفائقة، وجهودهم المتواصلة المتناسقة، وحافظة قائدهم العجيبة، وتمكنه من هذا الفن البديع أن تصبح من أحسن المجموعات الموسيقية في بلادنا؛ يتسابق المواطنون، بصفة عامة، وهواة الآلة بصفة خاصة، إلى إحضارها في كل سهرة، واشراكها في كل حفل، إلى درجة أصبح فيها بعض المواطنين لا يعتبرون أفراحهم تامة، ومسراتهم كاملة، وندواتهم شاملة إلا إذا شاركت فيها مجموعة المرحوم البريهي ورئيسها المبدع السيد الحاج عبد الكريم الرايس.

وسوف لا أعدو الحقيقة إذا قلت بأن أخلاق هذا الفنان الكبرى، ولطف سلوكه مع الناس، ومع أفراد جوقه، وحسن معاملته مع الناس، وما يتمتع به من صفات حميدة، ومزايا مجيدة، كل هذه العوامل تذكي رغبة الناس في التعامل معه ومع مجموعته الفنية. وقد سنحت لي فرصة التعرف على فناننا الحاج عبد الكريم الرايس منذ مدة طويلة بحكم هواي لموسيقى «الآلة»، واتصالاتي العديدة به، فوجدت فيه مثال الرجل العامل بحنكة نادرة، وقدرة باهرة وإتقان لا يشوهه افتراء أو ادعاء، وتمكن من الفن لا يشوبه اختلال أو التواء. وقد كانت مسؤولياتي على رأس دار الاذاعة والتلفزة المغربية خلال أريد من أربع سنوات ونصف خير مناسبة لمعرفة رجالات الفن في بلادنا، والاحتكاك بغالبيتهم، فعرفت من هذه الاتصالات المباشرة، والمذاكرات المتكررة، قدرتهم الفنية، ونفسيتهم الأخلاقية، وشره البعض منهم، وسوء تعاملهم فيما بينهم وبعضهم مع البعض. وقد وجدت الفنان الحاج عبد الكريم الرايس من خيرة المطربين علما وعملا، وخبرة وسلوكا، وتعلقا بمعالي الأمور، وإعراضا عن سفاسفها، وجدته مستعدا لإعطاء المزيد من علمه وفنه، ملبيا الرغبات التي يعرب عنها الهواة والمحترفون، دون تردد ولا تلكؤ. لا يقيد هذا العطاء بشرط مالي أو غيره، ولا يبخل بتزويد المستمعين ومشاهدي التلفزة بكل طريف وتليد، ولا يمنع المعجبين من التسجيل أو التحصيل؛ ومن أغرب ما أتذكره أنني كنت ألجأ إليه كثيرا عند تحقيق بعض المشروعات التي يرفضها غيره مسبقا، فأجده يتقبلها عن طواعية مثالية وبتجرد كامل، حتى إذا ما أنجز الأعمال الفنية المطلوبة منه، وشاهد زملاؤه رؤساء المجموعات الأخرى ما قام به، رجع هؤلاء الزملاء الذين قابلوا هذا العرض بالرفض في أول الأمر، إلى الادلاء بدولهم، والمشاركة في انجاز المشروعات المقترحة اقتداء بما فعله الحاج عبد الكريم الرايس ومجموعته الموسيقية. وقد كان حرصي عظيما -وأنا مدير عام لدار الإذاعة والتلفزة المغربية من   17 يونيو 1974 إلى 26 دجنبر 1978- على تحقيق عدد من المشروعات الموسيقية عموما، وموسيقى الآلة خصوصا، بغية الحفاظ على هذا الفن الموسيقي المغربي من الضياع، وسعيا وراء تخليد هذا الفن الذي تعرض فيما يخص الكتابة والتسجيل إلى مزيد من الاهمال، خلال القرون الماضية، والتي عملت الأمية المتفشية بين المحترفين فيه، والمتعاطين له، على تقليص مكانته ضمن التراث المغربي، لولا أن تداركته العناية الربانية في العقود الأخيرة عندما تصدى بعض العلماء والمثقفين والنقاد والمؤرخين، للكتابة فيه والتعريف به وتأريخ الجوانب الفكرية والفنية منه، كالأساتذة السادة الشيخ أبي اسحق ابراهيم التادلي في كتابه «السيقا في علم الموسيقى» والمكي امبيركو الذي ألف ست نوبات نالت من الجودة والاتقان ما يطرب له كل مؤرخ وكل فنان، والوزير محمد الفاسي والعلامة عبد الله بن العباس الجراري وولده الدكتور عباس الجراري، والمؤرخ الثبت محمد المنوني».

وان من حسن حظ هذا الفن الأصيل أن يقوم اليوم الحاج عبد الكريم الرايس بجمع آثاره حسب المستعملات الرائجة اليوم في فاس، ولو كانت مختصرة، اسوة بما فعله الجامعي في عهد السلطان الحسن الأول. وإذا كان البعض من المهتمين بهذا الفن، يرى أنه كان من الأولى بالفنان السيد عبد الكريم الرايس أن ينشر مجموعة الأشعار والتواشيح الموجودة بكناش «الحايك» كاملة غير منقوصة، لما تتسم به هذه المجموعة من الشمول والكمال -وهو أعرف الناس بها وأكثرهم حفظا لها- فإني أحبذ، مع ذلك، نشر هذا المختصر لأنه جمع أهم الأشعار والتواشيح المستعملة، فضمن بذلك تيسير تداولها بين القراء والهواة والحفظة والرعاة. أما إذا طلب هؤلاء المهتمون بهذا الفن مزيدا من المعلومات، ورغبوا في الحصوص على الوافر من المحفوظات، ففي إمكانهم أن يرجعوا الى المجموعات الكبرى -وقد أشرنا إلى أن الأستاذ السيد الحاج ادريس بنجلون التويمي، والأستاذ السيد عبد اللطيف بمنصور، قد قاما بنشرها من قبل- وسيجدونها سهلة المنال، يسيرة الاستعمال؛ وسوف لا يتوقف الأمر  آنذاك، بالنسبة إليهم، إلا على إشباع نهمهم في التطلع والبحث، وإرواء ظمئهم الى الكمال والشمول، فيتحقق لهم بذلك الفيض والكثر بعد القل. ولهذا فإني لا أرى داعيا لأن يلح بعض الباحثين المولعين بموسيقى «الآلة» إلحاحا كبيرا على أنه كان من الأولى بالفنان الحاج عبد الكريم الرايس أن يقدم لجمهور عشاق هذه الموسيقى مجموعة «الحايك»، وان لا يقتصر مجهوده على إخراج هذا المختصر، رغم أني أعتبر أن هذه الملاحظة وجيهة، لا يجادل فيها إلا مكابر، خصوصا وأن الفنان الحاج عبد الكريم الرايس معروف بحافظته القوية، واطلاعه الكبير على كل ما يستعمل في موسيقى الآلة من أشعار وأزجال وتواشيح وأقوال، كما أنه معروف بتمكنه الكبير من أسرار هذا الفن الموسيقي الأثيل، وحفظه لمختلف النوبات والأنغام التي يزخر بها هذا التراث الأصيل. ولكن اعتبار هذه الملاحظة لا يعني أن هذا العمل الفني والأثر الأدبي، الذي يقدمه لنا الأستاذ الحاج عبد الكريم الرايس في هذه المجموعة لا يكتسي أهمية قصوى، ذلك أن مختصر الجامعي لم يكتب له أن عرف